Une randonnée pour Léna et Noé.
La Nouvelle République (Avril 2024).
Posté le : 07/05/2025.
Samedi 26 avril, 80 personnes ont participé à la cinquième marche pour Léna et Noé, au départ de la salle Simone-Veil à Saint-Avertin. Comme les années précédentes, parmi les participants se trouvaient d'autres personnes en situation de handicap, notamment des membres de l'association H2VL (Handicap visuel Val de Loire) et des personnes atteintes de la maladie de Parkinson.
Léna, 19 ans, et son frère Noé, 18 ans, sont atteints d'une maladie neurodégénérative - l'ataxie télangiectasie - et doivent se déplacer en fauteuil roulant. Les fonds collectés lors de cette randonnées contribueront à l'achat d'équipements spécifiques qui leur permettront de vivre le mieux possible leur perte progressive d'autonomie, comme par exemple la pratique du sport. Avec l'aide de leur mère, ils ont récemment créé une équipe de baskIN, le basket inclusif, permettant une pratique partagée et intégrante de personnes dites « valides » et d'autres « handicapées ».
« La marche s'est très bien passée avec beaucoup de participants et avec des personnes qui sont venus d'autres communes. Nous avons eu, comme toujours, le soutien et une visite de Laurent Raymond, le maire de Saint-Avertin », souligne Jean Guidet, trésorier de l'association Unplen et grand-père de Léna et Noé. La marche s'est conclue par un verre de l'amitié offert par l'association.
Plus d'informations sur l'association Unplen : catherine.guidet@orange.fr
Les mal et non-voyants ont leur asso.

Posté le : 30/04/2025.
Eric Vincent a créé Handicap Visuel Val de Loire (H2VL) en 2017. Il s'agissait pour lui de fédérer les mal et non-voyants pour les aider à maintenir une bonne qualité de vie et qu'ils se sentent moins en marge de la vie quotidienne.
Devenu malvoyant en 2014, Eric Vincent s'est vite rendu compte de l'utilité du monde associatif, pour lui comme pour les quatre millions de malvoyants que compte notre pays. Mais ce monde associatif n'est pas des plus faciles à percevoir, qui fait quoi ? A quelle porte s'adresser ? C'est en partant de ce constat qu'il a décidé, avec l'aide de deux autres parsonnes, de créer H2VL avec l'idée de simplifier les recherches de ceux qui souhaitent trouver rapidement l'association ou l'organisme à même de répondre à leur attente.
L'objectif de H2VL est de fournir à ses adhérents certains services, informations ou formations dans la continuité de l'action du Centre régional basse vision de Ballan Miré (CRBV), de mettre en place des actions, informations et formations pour les proches des adhérents, « les aidants », mieux répondre aux attentes et besoinsréciproques, mettre en place un réseau social sur internet afin de rompre l'isolement des adhérents.
A travers H2VL, Eric Vincent souhaite créer un lien avec toutes les associations locales afin de faciliter l'accessibilité pour ses membres aux services de ces autres associations. Il souhaite également créer des événements permettant nottament l'échange du matériel spécialisé, livres audio, et négocier auprès de certains fournisseurs des conditions tarifaires privilégiées.
Outre l'association Valentin-Haüy et sa section sportive avec laquelle il est en contact, Eric Vincent multiplie les rencontres avec des résponsables de médiathèques, avec un réseau d'opticiens spécialisés dans les nouvelles téchnologies mises à la disposition des malvoyants. Il souhaite faire une bourse d'échange qui permettrait d'acquérir des matériels chers. Bref, H2VL est pleine de projets.
Inclusion en Indre-et-Loire : « La culture rompt l'isolement que peut créer notre handicap »

La Nouvelle République (Vendredi 13 Décembre 2024).
Posté le : 20/02/2025.
Cinéma, musées, festivals... La culture oeuvre de plus en plus pour faciliter l'accueil des personnes
handicapées. Un accès source de partage et lien social pour ceux parfois isolés par leur invalidité.
« Je suis venu à l'exposition parce que c'était accessible pour nous. » Lundi 25 novembre, une dizaine de membres de l'association Handicap visuel Val de Loire (H2VL), regroupant non-voyants et déficients visuels, sont venus visiter l'exposition Portrait, au musée des Beaux-Arts de Tours. Parcours en audiodescription, livret des cartels agrandis, statues et peintures reproduites en 3D : pour cette visite sur-mesure, tout est pensé pour qu'ils puissent profiter de l'expérience. Comme le musée des Beaux-Arts, un nombre croissant d'institutions culturelles d'Indre-et-Loire se mobilise pour faciliter l'accès aux personnes en situation de handicap.
« La texture de la robe nous aide à recréer l'image »Le partenariat entre l'association H2VL et le musée tourangeau a commencé en 2017, pour permettre des visites régulières et accessibles. « On a modifié l'audiodescription des oeuvres. Par exemple, dire qu'une robe est bleue ne suffit pas. Bleu, on ne sait pas ce que c'est. La texture de la robe ou ses mouvements nous aident à recréer l'image », décrivent les bénévoles. Pour leur visite, les membres de l'association sont accompagnés par Marie Arnold, médiatrice culturelle et référente handicap au musée des Beaux-Arts. Celle-ci leur présente les oeuvres avec des descriptions très précises, mais ciblées. « Trop de détails peuvent devenir trop encombrants. C'est un effort intellectuel important de tout se représenter », confie Martine, canne blanche à la main. Plus qu'un tableau ou qu'une sculpture, c'est ainsi tout un univers culturel qui est rendu accessible aux personnes en situation de handicap. « Je n'avais pas d'affinité particulière avec la culture avant mon handicap. Je suis venu parce que c'était accessible pour nous, déficients visuels. Il a fallu que je sois malvoyant pour que j'aille aux Beaux-Arts », en rigole Éric Vincent, président de H2VL. Un moment de vie qui va au-delà de l'exposition. Le handicap fait qu'on peut avoir tendance à s'isoler, constate Éric Vincent. Notre association essaie de rompre ça. C'est pourquoi on organise ces sorties dans des lieux culturels accessibles pour notre handicap. La culture rompt l'isolement. »
« Une séance comme tout le monde »
À 300 m de là, c'est devant un cinéma que l'on se retrouve. Depuis bientôt treize ans, les cinémas Studio proposent un samedi par mois ses "ciné relax". Pour ces séances, de l'accueil à la technique, tout est mis en oeuvre « pour permettre aux personnes en situation de handicap de vivre une séance comme tout le monde », décrit Marie Bertin, la bénévole responsable de la commission dédiée. Dans la salle de projection, pas de publicité ni de bande-annonce. Les lumières s'éteignent très progressivement, le son est contenu. Car lors de ces séances, le handicap sensoriel, intellectuel, cognitif et psychique est aussi pris en compte. « Se retrouver brutalement dans le noir, entendre des sons violents, ç:a peut être source d'angoisse », explique la bénévole. « On peut vivre toutes ses émotions, on peut rire, se lever, et même sortir. Si vous avez besoin de quoi que ce soit, on est là », encourage une autre bénévole, Gisèle Gaudet-Massey, dans un court laïus d'introduction avant le lancement du film. Une liberté qu'apprécient Pauline et ses parents. « Ici on sait que si elle veut s'exprimer, il n'y a aucune incidence », relève la maman de la jeune femme avec autisme. La famille de Pauline ne se prive pas des séances classiques, tout comme Mathieu, 46 ans, qui a trouvé sans problème de la place pour son fauteuil - la grande salle des Studio peut en accueillir sept. Mais ils apprécient particulièrement ces séances à hauteur de leur handicap : « C'est tout de même chouette d'avoir cet accueil, cette attention qu'on ne trouve pas ailleurs », apprécie le quadragénaire.
« Jamais accessible à 100 % »Faire que chacun se sente à sa place, c'est aussi ce qu'essaie de réaliser Mathieu Robin, responsable accessibilité-handicap des festivals Terres du son, Yzeures'n'Rock et Aucard de Tours. « On essaie de personnaliser l'accueil selon les besoins des personnes qui nous contactent », partage-t-il. Rampes d'accès, signalisation, coupe-file prioritaire, mais aussi des dispositifs innovants comme des gilets vibrants au son de la musique, à destination des sourds ou malentendants, ou des dispositifs d'audiodescription pour déficients visuels. Toutefois, il pointe certaines difficultés persistantes. « Un festival, qui est dans un lieu éphémère et contraint, ne sera jamais accessible à 100 % pour tout le monde », regrette Mathieu Robin. Il observe toutefois une amélioration ces derniéres années. « Quand je suis arrivé à Terres du son il y a sept ans, j'étais déçu de ce qui était mis en place. On était à peine une dizaine de bénévoles chargés à l'accessibilité. Aujourd'hui, on est 35. Plus d'accompagnement est possible, et plus de personnes en situation de handicap viennent », valorise-t-il. Pour autant, il reste beaucoup à accomplir selon lui : « En termes d'inclusion, il y a eu de grosses améliorations, mais il y a encore un gros travail à faire. Même si un spectacle est pensé pour être inclusif, le bâtiment pour y accéder ne l'est pas forcément. Les transports pour se rendre sur place ne le sont pas non
plus. Ce sont des éléments qui bloquent l'accès à la culture. »
Thomas Delaunay
et Mariella Esvant